Samedi 22 décembre 2007

On est parfois très occupée à fabriquer un tout jeune homme de 3 semaines................

 

 

par Fany publié dans : spiral2plume
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Lundi 19 février 2007

Il y a entre les choses, des interstices et dans ces interstices, comme une lumière, des paillettes qui font scintiller les choses d’une autre manière.
Vivre dans les interstices, une manière d’être, d’éclairer le monde.

 

Donne ton cœur ! 
Aimer ? Créer, fabriquer une nouvelle chose… et trouver un nouvel interstice. Rester dans cet interstice, garder « sa » distance, éclairer…. Re fabriquer l’espace… son expansion a besoin de ça. Cette expansion ne peut être qu’infinie, grâce au temps !

Attirance, interstice, expansion…

Vivre dans les interstices, les mettre en images, en mots, les rendre réels, leur donner corps.

Les mots sont un miroir… une lentille !

Le miroir renvoie l’image, la lentille déforme, focalise… et l'on voit au travers.

Dans l’objectif, la lentille… Dans la boîte, le miroir…Cadrer les choses, déclencher, les saisir et les écrire de lumière… photographie !

Le miroir ? Une plaque de verre, lentille... et sa feuille de métal sur laquelle l’image s’écrit. La voir au travers de la lentille. Le rôle du verre ici ? La peau entre moi et l’autre ? Frontière intraversable, inaliénable… à travers laquelle je vois pourtant ! 

 

L’enfant nait sans connaître son image, sans se reconnaître ! Il ne nait pas autre. Il lui faut tant de temps entre le traumatisme du corps et la découverte du moi… seconde rupture, naissance de la solitude… Une accumulation de chocs positivés ! La lumière ! 

 

Le jour où l’autre, derrière la plaque de verre, devient moi, où je me découvre en perdant simultanément le contact avec moi, est celui de la mise en place de l’impossible et par là même de la création instantanée de tous les possibles. 

 

Activer les interstices, les accumuler, leur donner corps…. faire jaillir la lumière !

 

 

par Fany publié dans : ellipsophile
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Vendredi 16 février 2007

Le nez dans l'absurde et les lamentations d'un jardinier, je suis bien forcée de me rendre compte de la réversibilité des choses.
Le temps file mais on peut le remonter sur l'échelle de la mémoire. Une maille lachée et le lainage se détricote à son aise... vers le vide de l'oubli.
En perdant, je perçois quelles capacités, quels besoins m'habitent... Tragique naissance de cette nostalgie, comme un espoir de bonheur.
Tout appelle donc systématiquement son contraire !

 

par Fany publié dans : ellipsophile
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Jeudi 15 février 2007

Quelque part au fond d'un carnet.... "Merci est un mot que je trouve joli. Pourquoi ?"

Et bien, Merci vient du latin merces, récompense, prix, faveur. Un Merci, ça s'offre... en récompense. Un Merci, c'est la faveur, le ruban qui accompagne le sens contenu.
Merci est un bon et beau mot... un bonobo mot.

par Fany publié dans : ellipsophile
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Mercredi 14 février 2007

Un jour, j’ai rencontré un homme. Téléportés dans un quartier perdu d’un labyrinthe tentaculaire et restreint. Labyrinthe de nulle part, au centre de nulle part, dans le nul temps. Ce dernier s’égrenait curieusement : les jours étaient des nuits, les nuits des jours de veille. Jours obscurs abreuvés des rêves d’inconnus, nuits de  veille, dans une lumière de bruit, partageant les bribes, égrainant des souvenirs et déversant nos vies, itinéraires en arabesques sur la table…

Une gare… Une immense gare, sa salle des pas perdus, dortoir agité de l’escale partagée. Passants agressifs agressés, bagages et guide des lieux. J’ai perdu le plan… il reste le souvenir. La mémoire est un lieu, sa carte dessine. Elle conte.

Un jour, j’ai rencontré un homme, dans une immense impasse, une gare de nulle part. Le sommeil nous a avalé, un train a du passer… comme le temps.

 

par Fany publié dans : volutes
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Jeudi 8 février 2007

Essayer de travailler quand le cerveau cherche à s'enfuir.
Impression d'être mon propre élève, de passer mon temps à me "re" mobiliser et à glisser dans les interstices de concentration quelque info que je me tatoue dans le crâne.
Une sorte d'enfer ! Etre mon propre enseignant, forcée à repasser sur une logique depuis longtemps esquivée. Des embryons de connaissances, panique primale de l'élève que j'étais... Arg ! c'est très fatigant !
Consciente d'être adulte, je tente de ne pas m'affoler et cette énergie fébrile devient créative...sans cesse inventer des trucs, voir des vêtements, avoir envie de bricoler, de faire des collages, de peindre, même mal ! de rêver surement ! de fabriquer du plaisir en somme.
Pour pouvoir se concentrer, il faut être dégagé de l'enjeu stressant de l'évaluation. L'absurde  crainte de rester hermétique, de "mal" apprendre, de "ne pas assez " apprendre-comprendre, menace la sécurité future en épuisant le présent.
Il ne m'a pourtant pas été difficile d'apprendre pour pouvoir enseigner quelques jours plus tard... je faisais mon travail d'abeille... butinant le pollen, le digérant et offrant son miel quitte à m'y épuiser, mais j'en mangeais ma part !
Ici l'urgence fatigue le plaisir.
Tenir deux positions à la fois est probablement ce qui est difficile dans l'apprentissage autonome. Quoi qu'il en soit, c'est tout à fait interressant d'explorer, de sentir et de comprendre de quoi tout ceci est composé. Repasser sur mes pas, éprouver l'élève qui est en moi, savoir ce qu'il ressent, quel combat il livre, quelles victoires il remporte aussi... et voir le héros grec qui se cache sous le cancre-minot.
Il faut que trouve une position de concentration efficace, pour ne pas avoir à me ramener au sol perpétuellement.

par Fany publié dans : ellipsophile
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Mardi 6 février 2007

Capsules remontant du fond de l'inconscient, livrant à la surface de l'être des réponses codées et signifiantes. Une assistance-en-ligne à la survie de l'âme. Un simulateur des possibles, décodeur d'émotions, encodeur fractal. Processus hyper-créatif...

par Fany publié dans : ellipsophile
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Lundi 5 février 2007

Certaines phrases tournent en nous comme du coeur d'étranges attracteurs dans lesquels s'engouffrent les pensées.

J'ai longtemps tourné autour de celle-ci, écrite en lettres de néon brulant au Lancelot de La queste del saint graal , "celui qui ne brule pas lui-même n'enflamme personne", tentant de l'entendre, de la faire vibrer, d'en sentir le conseil positif au lieu du reproche qui me mordait les reins. Elle a fini par me parler.

Ce matin, mes yeux se sont posés sur "deux solitudes qui se croisent ne font pas une rencontre".
C'est probable, mais ça me semble faux aussi, comme un accord forcé, un sabotage de principe et j'y oppose peut-être la contrainte de l'espoir.
Un vient de un... un ne menace pas un et si un ne va pas vers un, il n'y a pas de vie... il y a une erreur morbide à opposer liberté et rencontre. La solitude est le vide entre nous. La rencontre est le moment que nous partageons, tendue dans le temps vers l'hypothèse de retrouvailles, entre possible et probable. La liberté est l'imprédicitible et ses uchronies, le vide plein, l'espace à parcourir, un désir.
Il demeure les questions de contingences, variations modales d'instants localisés.

Toujours cette perception cartographique de la bobine du temps...

par Fany publié dans : ellipsophile
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Dimanche 4 février 2007

Les paillettes dansent,
Un bracelet coule le long d'un fil,
Une montagne aimerait habiter une mémoire,
Des fleurs de lumière semées dans la ville sous les pattes d'un tigre,
Une jeune femme traverse un pré,
Le sourire d'une fillette,
Des mots cousus d'encre infusée,
Des reflets de branches sur des vitres,
Des lettres de couleur sur le marbre,
Des rêves d'enfants au présent des adultes,
Des lumières de détails.... rémanences effilochées,
Et cet autre contre moi, faisant sonner le monde de sa  note nouvelle.

par Fany publié dans : ellipsophile
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Mercredi 17 janvier 2007

Cet hiver là, les mots d'amour s'ennuyaient. Ils décidèrent alors de se trouver deux âmes en caisse de résonnance, en fabrique aussi.
Car les mots ont besoin de nous pour exister, pour les habiter, et puis pour les lancer dans le monde, sinon ils se perdent, s'évanouissent et disparaissent.

Comme les mots prenaient leur jeu très au sérieux, ils décidèrent que tout ceci serait écrit. Quoi de plus simple en somme que de se glisser sous le langage des nombres électroniques, 0, 1, comme une couverture de dentelle fine sous laquelle leurs ébats auraient plus de charme.

Précieux, précis et impérieux, les mots firent l'amour, se caressèrent, s'étreignirent, entraînant avec eux les corps parlants. Petits mots et gros mots étaient de la partie, s'entrechoquant parfois, se plaisant au contraste. Jouant de leur sens sans jamais hésiter à dévoyer leur propre code, à le plier pour observer l'élégance des figures. Leur fragilité aussi parfois. Ils se fascinaient eux-même dans le miroir de leur sens.
Les mots sont un peu narcissiques.

Les mots se donnent et se répondent. La peau des deux âmes, comme celle d'un tambour, vibrait, sonnait, répercutait l'écho des mots.
Cacophonie harmonique, liturgie amoureuse, carillon gémissant, les mots se glissaient partout.
Les mots s'amusaient tant à ce concert qu'ils n'hésitèrent pas à faire pousser de nouvelles branches à cette racine d'histoire, s'écoutant écouter, se disant dire, s'aimant aimer.
Béates et soumises, les deux âmes se pliaient à leurs voeux, en partenaires délicats et discrets.

Peut-être s'aimaient-elles, mais c'étaient les mots qui les emmenaient vraiment, par tout. Tout devenait mot, rien n'était plus indicible, chaque frémissement, l'ombre d'un désir au creux d'un ventre, même gémir de plaisir devenait mot. Le corps devenait mot.
Pour un temps, les mots restèrent secrets, confidentiels. Mais les mots sont voraces, ils mangent le monde, dévorent des milliers de pages, se sont immiscés dans nos pensées jusqu'à en devenir la substance... depuis si longtemps que nous avons oublié leur absence.
Plus, ils en veulent toujours plus.... ils se sont inventé des langages pour se multiplier et nous emmener plus loin.

Cet hiver là, les mots firent la fête, furent heureux. Leurs ébats ne cessent de s'inscrire, de s'offrir, caressant leurs propres caresses. Quelqu'un se souviendra longtemps du jeu des mots contre la peau de leurs âmes.

par Fany publié dans : volutes
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