Allongée dans un pré d'herbe molle
Concert de grenouilles sous la lune, pluie d'étoiles, firmament et nuées
Le ciel encombré de nuages, moutonneux, nébuleux
Les astres sur mes yeux se posent
Regarder une étoile, une autre... visiter l'espace
Evoquer l'infini sous l'aplomb d'un fil imaginaire

Dimanche 24 septembre 2006
Grandir avec les images
Leur tourner le dos parfois
Prendre des notes
Lire et Raconter...
Tu viens d'avoir 10 ans, petite soeur !
Continue à grandir et laisse pousser les mots en toi

Un des effets de la solitude est cette étrange aptitude à errer à la surface du rêve.
Je rêve de rêves si signifiants qu'ils me laissent étourdie le matin au réveil.
Ils sont sirupeux et tentaculaires. Mon cerveau-lent plane et oscille au bout d'un très long fil de temps.
Processus précréatif, des milliers d'ébauches d'idées, comme des nuages. Professeur Nimbus accumule l'énergie.
Ne dit-on pas que le temps change ?

L’homme qui faisait des tours de magie et la petite fille curieuse studieuse :
· « Eh, regarde ça ! »
· « Oh ! Qu’est-ce que c’est ? »
· « tu aimerais bien le savoir, n’est-ce pas ?... C’est un peu de ceci, un peu de cela …et un peu de … Hey ! Regarde ça ! »
Et l’homme qui faisait des tours de magie détournait l’attention de la petite fille curieuse de tout sur une nouvelle curiosité.
On aurait dit qu’il éclairait toute chose anodine sous des dizaines d’angles en même temps. Très vite, la petite fille studieuse compris que la magie résidait en un effet d’optique. Il fallait apprendre à voir sous tous les angles.
Les choses sont enfermées dans les formes. Il fallait aller dedans et autour en même temps pour sentir la chose.
Pour rire ou par curiosité… car l’homme qui faisait des tours de magie était un peu curieux aussi… surtout à cause de la vorace curiosité de la petite fille qui ne cessait de poser des questions…
« D’autres questions ? » disait-il. « Toujours ! » s’entendait-il répondre, ou « Oui, mais pourquoi ? ».
Et il n’expliquait jamais rien. Sauf parfois, une phrase toute simple et très étrange à l’oreille, qui vous entrait dans le cœur comme un poignard.
Donc, pour rire ou par curiosité, l’homme qui faisait des tours de magie essayait de plus en plus de tours devant elle.
Des très rapides, si rapides qu’une seconde d’inattention et elle ne se serait même pas rendue compte qu’il la testait. Il fallait rester vigilante.
Des tours en cascade, en rafale, en tourbillon. Il aimait varier les intensités et les thèmes, mais ce qui restait étonnant, c’est qu’il utilisait finalement un matériel assez simple. N’importe quel adulte avait ce genre d’outil à sa disposition. C’était donc l’usage qu’il en faisait qui était magique, se disait la petite fille, dont le désir de tout comprendre ne semblait pas connaître de limites.
Tout en cherchant les limites de la fillette, l’homme aux multiples tours commença à disparaître régulièrement, ce qui donna à la petite fille, plus de temps pour comprendre.
Mais qu’y avait il à comprendre, était une question à laquelle elle ne parvenait pas à donner de réponse. C’était une question sans limite, comme une porte ouverte sur le vide.
De temps en temps, l’homme revenait, pour voir si elle cherchait toujours, si elle réussissait encore à apprendre de sa curiosité. Il l’observait faire des nœuds.
Des nœuds tels que : ne rien savoir est égal à tout savoir, étirée entre les deux bouts de l’infini qui n’a pas de bout ni commencement, et si ce n’est pas un lieu, où suis-je ? Et lui qui n’est pas là mais dont les tours m’occupent tant, est-il encore quelque part ou vit-il en moi quand je pense à lui ? Alors, serait-il possible que nous nous multipliions autant de fois que quelqu’un de nouveau pense à nous ? L’énergie, la vie, pourrait-elle être le résultat de cette multiplication ?
Pour la détendre un peu, l’homme lui faisait un tour. Comme pour dire : « Tout faux ! Tout cela n’est que du vent, de la magie, un tour de passe-passe ! ». « D’accord, mais fais-moi un autre tour. Encore… C’est si beau… ! »
Enfin, un jour, après une longue absence, il revint voir la petite fille curieuse, se pencha à son oreille et lui dit simplement : « Souviens toi ».
Puis il disparut tout à fait.

Essayez donc de travailler !!!
Si j'aime les mots, là où je prends le plus de plaisir, c'est quand je les regarde faire des cabrioles et de la musique. J'aime les phrases qui sont capables à la fois d'être entendues dans leur contexte tout en disant d'autres choses, plein d'autres choses. Comme des funambules.
C'est l'effet que me fait ce poème de deux mots de Ludovic Degroote :
Blanc démoli
Il y a là un très fragile équilibre, quelque chose de totalement magique, qui pourrait s'effondrer si le vent soufflait, mais qui a aussi la solidité du roc, inscrit sur le papier, l'écran ou un repli de méninges. Le son, les sens... J'adore ce truc. Il me surprend et ne cesse de me fasciner.

Dimanche 3 septembre 2006
Involution de l'oubli + Dévolution de la mémoire = Evolution
Une équation-balise remonte parfois des profondeurs de la nuit, ramenant avec elle son message à décrypter... jeu sémantique de préfixes anarchistes ("in" d'implosion, "dé" comme dévotion) mélé à l'origami temporel, au pliage de temps...
La main s'accroche alors au carnet qui dort dans le lit et y prend notes. Des mots jetés au fond du sac comme les cailloux du petit Poucet des rêves. Retrouver le chemin de cette pensée...

Vendredi 1 septembre 2006
Et bien voilà... ouverture d'un nouvel acte.

Gageons que le 34ème sera joyeux, savoureux, amoureux, luxueux (soyons folle !), mais aussi rebondissant, étonnant, débordant de péripéties, qui je n'en peux douter, m'éclaireront d'autres pistes, d'autres sentiers, d'autres pensées...
et faisons le voeu que les grippages de rouages de soient que broutilles dans le grand flot des surprises à venir !
Un jour, on mit en vente aux enchères la chose la plus étonnante qui soit : un bocal de larmes
Une étrange vieille femme, qui venait de mourir, avait laissé pour consigne à son notaire de mettre en vente au plus offrant, le souvenir matériel de ses plus grandes émotions.
Toute une vie de larmes, ça ne faisait pas grand chose.
Un petit flacon empli d’un concentré de souffrances, de questions, quelques gouttes de joie pour sûr, pour donner à ce curieux élixir une plus suave beauté.
Un garçon, jeune homme, à belle allure, vint à passer devant l’affiche de la vente. Par curiosité, il rentra et se laissa guider par les chemins curieux des pensées de l'étrangère.
Charmé, sans comprendre comment, par cette idée, il acheta la fiole, la glissa dans sa poche et se promena quelques temps par les rues.
Son regard était différent, plus sage, plus profond aussi.
Peut-être à cause des larmes de quelqu’un d’autre, qu’il caressait légèrement à travers la paroi de verre.
Peut-être à cause de sa rêverie.
Peut-être sans raison, à cause de la lumière ce jour-là.
Peut-être comme ça.
Pour rien.
Lire les mots
Ecouter
Lire les mots
Sentir
Lire les mots
Entendre
Vagues qui s'enroulent et s'alimentent
La dernière toujours plus profonde,
Amenant dans son creux
Le son du sens,
Le sang des mots.

Vos boucles