Samedi 5 août 2006

00h00... Minuit... J'adore saisir cet instant. Nous sommes demain mais aujourd'hui n'est pas terminé. Impression de gagner sur 2 tableaux, d'avoir du rab' de temps... Le fantasme du plieur de temps... aucun effort à fournir... Et ce mensonge : mi-nuit, alors que nous n'en sommes pas encore à la moitié, loin de là. Impression que la mienne vient de commencer.

par Fany publié dans : ellipsophile
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Jeudi 3 août 2006

 

-         Sommes-nous tous pareils ou tous différents ?

-         Ben, ça doit être une question de vocabulaire, mais moi, j’ai l’impression qu’on est plutôt tous différents, en tous cas, c’est ce qui me fascine et m’aide à être moi-même

-         Ouais, mais alors, comment peut-on être différents, être chacun UN et en même temps, que la somme de ces UN soit UN ?

-         Heu… Voyons les choses autrement : au début de la vie, il y a l’œuf fécondé, il fabrique des cellules. Ces cellules sont indifférenciées, au fur et à mesure des besoins, elles deviennent os, cheveux,cœur… Ca dépend du moment et de la manière dont tu regardes/interprètes la cellule. Et le tout c’est Toi, UN.

-         Ok, alors ça marche comme pour le Temps, ton affaire ?

-         Tu parles du truc " lumineux "  de la ligne et du point ?

-         Ouais. Chaque moment T, T+1, T+2, etc. sont tous UN, mis bout à bout, ils forment le Temps. Le temps est une succession de présents (un temps linéaire – une ligne), UN + UN + UN… La somme de tous ces UN est UN (LE Présent – un point)

-         Ca s’approche de ta phrase : « si le temps est fractal, alors, on peut le replier »…

-         Ouais, et le point est infini : le point est un puis dans le temps, une porte pour plonger dans l’infini…

-         Ca sert à Etre. Rien n’existe s’il n’a pas des éléments distincts entre lesquels peuvent se créer des tensions, une dynamique, de l’énergie, de la Vie en somme

-         Ah, alors pour que la Vie existe, il faut des différences et le temps.

-         Ben, on dirait !

-         T’as pas l’air sûre ?

-         Ben, j’suis jamais trop sûre de rien !… mais ça semble se tenir… pour le moment.

 

Voilà grosso modo ce qui se passait dans le laboratoire du savant fou, pendant que je faisais la vaisselle. Comme quoi, on n’est jamais vraiment le maître chez soi !

 

par Fany publié dans : ellipsophile
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Mercredi 2 août 2006

Pont Bois-Terre.
Accès direct à la tragédie grecque.
La passion symbolique.
L'émotion au service de la vie.
L'essence de l'émoi.
Cet élan qui nous transporte littéralement d'un point à un autre de nous-même.
Téléportation sémantique et symbolique.
Marquer d'une croix le réveil de ce lieu, le retrouver sur la carte quand il sera rendormi.
Saisir l'instant comme un choc, déjà le perdre et pourtant se souvenir qu'il a été.
Le souvenir n'est pourtant rien.
Je est déjà un autre, sans cesse un autre.

Les mots    L'émoi
Les maux    Les mois
L'émaux    Les Moi
Lait Mollet Moi ! (pff, ne peut pas s'en empêcher !)

Motifs du signe, des sèmes,
Pam pam pam...
Ascenseur !
Les réveils du filtre,
Percolation des émotions.
Ce qui semble importer n'est pas le lieu lui-même, celui de l'alunissage,
Mais l'effet, l'impact.
C'est cela ici qui est marqué, senti, retenu.
La métaphore vécue comme un voyage, ses temporalités, ses lieux.

Le terrier du lapin blanc... Allez, danse Alice !


par Fany publié dans : ellipsophile
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Mardi 1 août 2006

Constant PERMEKE, un ogre et un couple au visage ovale, des tons de terre brune, tourbe qui m'a ravie comme un choc.

 Asger JORN, des personnages jaunes, aliens, visiteurs de bars hallucinés sous les néons.

Pierre ALECHINSKY, un immense tableau noir blanc et gris mine de plomb.
Une violence transcendée, maîtrisée. De la calligraphie désordonnée... et cette matière !!!

Et un autre, abstraction d'êtres roses dansants, sous-monté de graphes sur grammes.
J'ai adoré.

Wilfredo LAM, "Les enfants sans âme". Un coup d'épée, un cou d'épée aussi. Des êtres machines jouant, s'empilant, se montant les uns sur les autres. Entre l'obscène et la sieste.

Marcel BROODTHAERS, surré', bargeot, accumulant des oeufs, des moules. Jouant d'impressions barrées sur des papiers fins, presques translucides. Cela m'a étonnée, fait sourrire. Amusant regard négligeant.

Un KOKOSHKA aux mains de couleurs vibrantes. Comment fait-il ça ? Tout vibre, tout tremble, tout frémit

 

James ENSOR dont je ne connaissais que les masques. J'ai découvert ici les portraits de ses parents. Comme une violence allant vers Bacon, d'ailleurs un BACON...

et

Guillaume VOGELS, entre réalisme et impressionnisme. La couche de peinture est fine, sèche, plate, presque poudrée... et pourtant on dirait voir ses paysages à travers des vitres mouillées de pluie. Comme un léger flou délavé. Lavé peut-être. L'eau coulant les couleurs.

Deux écoliers Nabis de VUILLARD...

Un BONNARD aussi. Marthe aux chairs de cadavre verdi et pourtant si douce, si rose, si vivante...

De gros RUBENS, mais surtout un tout petit portrait qui m'a touché, par son visage lui aussi si vert, flasque, les yeux globuleux et humides... mais cette vie frémissante sous le lard !

BABEL !!!! Outch ! Moins belle que je ne l'ai en tête, mais sous les yeux, ce qui est rare !

Et un Prométhée, qui curieusement ressemble à Lo...

Comme tout ceci est logique ! La ville a chaud, ses nuits s'agitent. Saïgon... Les ongles s'enfoncent dans les chairs et mordent les bouches dans les épaules.
Prendre le frais au sommet de la ville, le nez dans les toits. Mon jour de vacances. Agréables matins d'été où je me retrouve. Ceci ressemble à mes voyages... L'emmener en pensées... Museler mes pensées au musée dépensé.

par Fany publié dans : ellipsophile
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Lundi 17 juillet 2006

Avec les mails, plus besoin de signer, comme dans les lettres "à l'ancienne". L'expéditeur saute aux yeux. Processus épistolaire inversé.

Avant, on dépliait la lettre, on tournait les pages... On y cherchait la signature et de ce fait, on parcourrait des yeux la lettre, y découvrant les petits signes de l'autre, comme un cadeau que l'on tripote avant de l'ouvrir.

Les choses changent.

 

par Fany publié dans : ellipsophile
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Samedi 15 juillet 2006

…comme le matin du lendemain de Noël quand j’étais petite. J’adorais cette sensation : groguie de fatigue (couchée trop tard), groguie d’émotions (les cadeaux reçus, donnés, la joie partagée…), un peu sous le choc aussi, avec rien d’autre à faire qu’à profiter du moment. C’est une sensation agréable, d’autant plus qu’on la sait éphémère. Toute exaltation redescend, comme la crue du Nil, elle laisse en se retirant un limon fertile et essentiel.

par Fany publié dans : ellipsophile
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Mercredi 12 juillet 2006

La puissance d’un NON à fendre l’âme, comme un brise glace. Le NON exige le OUI. Chaque NON le renforce, comme une eau sur la graine d’une idée. La graine pousse et devient arbre. Arbre de lumière. Et le OUI de bois dur éclate en fragiles feuilles, bouches de vie.
Le NON est la bêche du jardinier crevant la croûte de l’âme.

 

par Fany publié dans : ellipsophile
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Mardi 11 juillet 2006

Nos grandes exigences nous mènent parfois à accepter plus médiocre que ce que nous avons cherché à fuir.

Les modèles que nous offre ce monde n’ont pas grand chose de désirable, quand on a un peu de sensibilité (intelligence est par trop galvaudé), alors il nous reste les marges. Mais quand on quitte le terrain balisé, le territoire s’agrandit de façon exponentielle, il confère à l’infini.

Il ne peut exister de marges que tant que l’on ne s’éloigne pas trop de ce qui est convenu. En dehors de ces frontières, on part à la conquête d’un terrain vierge où l’on rencontre parfois quelque âme errante, en souffrance, miroir de sa propre perte. Je n’ai trouvé qu’une méthode pour trouver/garder l’équilibre : freiner.

Tout nous pousse à courir, à vivre, à penser vite, à aimer vite – toutes ces histoires de consommations ne sont que gain de vitesse – et au bout du compte nous n’avons même plus le temps de regarder pousser les fleurs. C’est important les fleurs ! Ca ne se préoccupe pas de savoir pourquoi elles sont là, ni de satisfaire les gens qui les aiment… Les fleurs sont de bons maîtres à penser.

J’ai quelques autres amis, comme celles-là : le bouchon de liège qui jamais ne coule, en se laissant ballotter à la crête et au creux des vagues, est un modèle de sagesse et d’équilibre.

Bien sûr, il y a la loi physique de la matière qui rend le bouchon de liège, plein d’air, plus léger que l’eau, mais le bouchon ne lutte pas, ne panique pas. S’il coule quelques instants, il sait qu’il remontera à la surface, quoi qu’il arrive. Il se laisse porter et les forces naturelles de la mer, de la vie, l’emmènent en voyage. A certains moments, il stagne de longs mois dans une crique, mais au hasard du vent, d’une tempête ou d’un gros grain, il est poussé vers d’autres horizons.
Décidément, la vie du bouchon sur la mer est un idéal.

par Fany publié dans : ellipsophile
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Lundi 10 juillet 2006

La jalousie, douleur de l’absence de l’autre qu’on imagine présence pour un autre. D’où la jalousie d’un regard, d’une pensée. Besoin vorace et panique du manque.

Etre jaloux, c’est vouloir manger l’autre. L’autre comme reflet de soi même. Autophagie de la jalousie, comme une impossibilité à s’assumer. A être.

La jalousie est la négation de soi même par le truchement du regard de l’autre, ou de l’absence de regard. Effet d’optique et négation de la négation. Voilà pourquoi elle s’exprime comme une affirmation.

Mais c’est un sentiment menteur, dupeur… de peur.


Alors la dialectique de la liberté. Nous faisons partie d’un même tout où nos unicités peuvent se voir et se toucher. Exister, c’est être dans les pensées de quelqu’un et c’est ça aussi : liberté !
Nous sommes libres chaque fois que quelqu’un pense à nous, car nous sommes Autre.

Penser à quelqu’un, c’est lui offrir sa liberté.

par Fany publié dans : ellipsophile
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Lundi 10 juillet 2006

Faites une
Ovation
Ou
Tout
Bonnement
Allez
Les bleus !!!
L
a balle est à vos pieds...

NE JAMAIS, JAMAIS, VENDRE LA PEAU DE L'OURS

par Fany publié dans : Acrostiche à tes branches le dimanche
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