Constant PERMEKE, un ogre et un couple au visage ovale, des tons de terre brune, tourbe qui m'a ravie comme un choc.

Asger JORN, des personnages jaunes, aliens, visiteurs de bars hallucinés sous les néons.

Pierre ALECHINSKY, un immense tableau noir blanc et gris mine de plomb.
Une violence transcendée, maîtrisée. De la calligraphie désordonnée... et cette matière !!!
Et un autre, abstraction d'êtres roses dansants, sous-monté de graphes sur grammes.
J'ai adoré.
Wilfredo LAM, "Les enfants sans âme". Un coup d'épée, un cou d'épée aussi. Des êtres machines jouant, s'empilant, se montant les uns sur les autres. Entre l'obscène et la sieste.

Marcel BROODTHAERS, surré', bargeot, accumulant des oeufs, des moules. Jouant d'impressions barrées sur des papiers fins, presques translucides. Cela m'a étonnée, fait sourrire. Amusant regard négligeant.
Un KOKOSHKA aux mains de couleurs vibrantes. Comment fait-il ça ? Tout vibre, tout tremble, tout frémit

James ENSOR dont je ne connaissais que les masques. J'ai découvert ici les portraits de ses parents. Comme une violence allant vers Bacon, d'ailleurs un BACON...
et
Guillaume VOGELS, entre réalisme et impressionnisme. La couche de peinture est fine, sèche, plate, presque poudrée... et pourtant on dirait voir ses paysages à travers des vitres mouillées de pluie. Comme un léger flou délavé. Lavé peut-être. L'eau coulant les couleurs.
Deux écoliers Nabis de VUILLARD...
Un BONNARD aussi. Marthe aux chairs de cadavre verdi et pourtant si douce, si rose, si vivante...
De gros RUBENS, mais surtout un tout petit portrait qui m'a touché, par son visage lui aussi si vert, flasque, les yeux globuleux et humides... mais cette vie frémissante sous le lard !

BABEL !!!! Outch ! Moins belle que je ne l'ai en tête, mais sous les yeux, ce qui est rare !

Et un Prométhée, qui curieusement ressemble à Lo...

Comme tout ceci est logique ! La ville a chaud, ses nuits s'agitent. Saïgon... Les ongles s'enfoncent dans les chairs et mordent les bouches dans les épaules.
Prendre le frais au sommet de la ville, le nez dans les toits. Mon jour de vacances. Agréables matins d'été où je me retrouve. Ceci ressemble à mes voyages... L'emmener en pensées... Museler mes pensées au musée dépensé.
Vos boucles