Samedi 8 juillet 2006

Un jour, le cheval entama la discussion pour intéresser le rat et sitôt se mit à courir.

Technique de colporteur !

Le rat, surpris, tendit la patte pour attraper la queue du cheval qui partait au galop, s’étant dressé sur sa chaise et hurlant : « qui m’aime me suive !!! »

A l’instant où le rat allait saisir les derniers crins de la queue de l’équidé, son bras s’amollit et retomba.

Pourquoi me direz-vous, son intérêt curieux pour l’histoire du cheval, ne l’entraîna-t-il pas dans sa course folle ?

Et bien, je vous dirais le rat très sélectif. Minutieux devrais-je même préciser, car c’est avec parcimonie que ce sage animal trie ses amis et tout ce qui s’en suit.

Voici le raisonnement du rat : quand le cheval s’est enfui, sans même finir sa phrase, il ne s’est pas senti partagé entre le regret de quitter la vive conversation du rat et l’envie de se dégourdir un peu les membres. Il s’est levé et est parti, lancé dans la fiévreuse agitation de son énergie et le bouillonnement de ses émotions.

Le rat surpris, se dit : « Mais dis donc, mon gaillard, il n’est pas très poli d’abandonner ainsi ses amis, au beau milieu d’une conversation. Je n’aime pas être traité avec un tel dédain. Je suis très susceptible et je n’aime pas courir, sauf dans l’urgence, où je suis convaincu de courir plus vite que toi. 

Alors, mon bel ami, viendra bien un moment où ta course cessera et tu te rendras alors compte que je ne suis pas là. Il te faudra bien choisir entre te dire « tiens, ce drôle de personnage, sympathique et nerveux, a du s’arrêter en route. Peu m’importe, je suis ce chemin, il promet d’autres rencontres » ou bien tourner tes pensées vers moi, revenir poliment mettre une fin agréable à cette conversation. »

Bien sûr, le rat pourra avoir changé d’humeur, mais ce sera dans les règles de la bienséance.

C’est très important pour le rat : l’ordre.

Sinon, on ne retrouve plus rien !


Quand le cheval aura choisi de revenir ou pas, le rat saura si le cheval est son ami. Cela peut être long mais le rat est patient.

   

par Fany publié dans : volutes
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Vendredi 7 juillet 2006

Ayant longtemps observé le signes ténus de l’existence des absents, tentant d’en percer les mystères pour nos yeux aveugles, les étoiles ne peuvent aujourd’hui que m’attirer. Elles parlent des êtres.
En elles, j’apprends à lire les micro aspérités des caractères. Gens que j’aime, que je découvre, tout en m’imposant de respecter leurs ambivalences, leurs façon de voir la vie, leur propre auto initiation. Intellectualisant pour laisser vibrer un cœur aux instincts si vifs qu’épuisants, cela m’apporte une plus grande aisance de rapports humains et me permet de m’assumer sans carapace, d'essayer pour le moins.
L’archéologie m’a apporté une méthode. Celle du respect de mes incompétences, m’apprenant à accepter mes incompréhensions. Huit ans d’autisme et d’apprentissage pour oser enfin me frotter aux autres.  
Leurs différences m’apportent tant. Elles m’individualisent, me permettant de me définir. Les points communs tissant des liens dans les rencontres. L’astrologie métaphorise le monde, l’encode et le raconte.
S’envoler.

par Fany publié dans : ellipsophile
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Jeudi 6 juillet 2006

La ville est dans l'homme comme l'arbre vole dans l'oiseau qui le quitte

Hiroshima mon amour. "L'érotisme est tenu en échec par l'amour".
Quelque chose résonne, sonne juste, pourrait expliquer.... Cela pourrait-il expliquer ?

Le goût d'un amour impossible... Vois comme je t'oublie.
Alors il y a ça aussi : cette subtile importance du toujours ? Cette infinité à nuancer... Ce don jamais pris, toujours en suspens. Cette sentence : "un jour tu me detesteras" ... "toujours je t'aimerai"
Toujours, oui, mais pas toujours, pas toi seul. Tu me tues, tu me fais du bien. Mourir d'amour ou d'oubli. D'ailleurs on meurt pour oublier...Ne pas faire souffrir le présent en tirant sur la chaîne du passé !

Une eau nait dans une source, il lui faut chosir de s'installer dans ce bassin et d'y former un lac ou de suivre la dénivellation, le courant. Espace et temps du courant. Chaotique des fluides. Deux rivières de même source se rencontrent et s'alimentent en un même fleuve plus large, plus lourd, plus épanoui.

Préparer le filtre de la beauté, choisir les effluves, les gouttes de vérité, pour nuancer la couleur, lui donner plus d'ampleur. Créer du possible. Se rejoindre du même côté du miroir ? Est-ce possible ? Allons voir... Folie et absolu ont la même essence... animalité de la raison.

Douceur tropicale du Luxembourg en fin d'été.
Que j'aime cet endroit ! Vais aller saluer mes statues amies. Faites qu'elles soient encore belles...

Reste ici des effluves de vacances, de ces moments si doux de plaisir nonchalant. Il y a vraiment fort longtemps que je n'ai pas éprouvé cette langueur à paris. Quelque chose de sirupeux. Pas d'agressions indisciplinées des souvenirs. Une étrangeté des lieux familiers que je retrouve avec des yeux, une âme nouvelle. Pas de mélancolie.

Il y a des années, j'ai dit au revoir, demandé pardon à la ville, me suis demandé pardon de lui laisser les rêves que mon passé avait forgés et dont je m'étais détournée. Constater que ce deuil est fini est un grand soulagement.

Nouvelle expérimentation communicante : le sms.
Apparement, c'est un médium local, je m'adapte à cette abhération. Un truc de fainéant. Mais bon, voilà, aujourd'hui, je veux bien en jouer, pour voir, pour tenter l'expérience. Les gens sont incroyables ici, j'avais oublié !
...tranquile solitude dans la foule...


Le ravissement de Lol V Stein.
Cette femme sait raconter les histoire, sait raconter le présent de l'état de choc, sait dire ce que je n'ai pas éprouvé et auquel pourtant j'assistais de l'intérieur. Ce ralentissement de la vie qui semble en enregistrer toute l'horreur.

La ville et moi passons par l'excès. Excès de tensions. Cramponnée aux mots comme s'ils étaient la preuve de ma cohérence. Le vent qui pousse les nuages me lave la tête.
Mes yeux ne se posent que sur les vides entre les choses.
C'est un peu de la folie de vivre ici, la mienne est de n'en être plus capable.

10 septembre 2005, sortie et lecture de Brooklin Follies
 au jardin du Luxembourg

par Fany publié dans : volutes
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Mardi 4 juillet 2006
Il y a des platanes sur la place du marché de mon village, comme sur des centaines de places, j'imagine.
Chaque soir, c'est la dernière odeur que je ramène de la promenade du Dog. Elle est incroyable cette odeur : capiteuse et ennivrante. Une odeur de miel, presque une odeur de désir, de plaisir. Je ne crois pas que les abeilles fassent du miel de platanes, ça se saurait ! Elle s'approche un peu du tilleul, en moins fleurie ; un peu du colza aussi, dans la si brève période où il sent bon. Mais le platane, lui, sent bon pendant longtemps... et je l'en remercie !
Qu'est-ce qui peut bien sentir si bon dans le platane ? Son écorce est déjà bien jolie de dessiner d'hypothétiques cartes. La géographie des platanes. Sont-ce les boules-fruits, qui se décrochent parfois et tombent en faisant un ploc sourd ? Les grandes feuilles à dents, immenses mains du géant calme ? Quel est ce mystère ? 
Chaque soir donc, je traverse cette place, et presque sans le vouloir, je ralentis mon pas. Profiter plus longtemps... Je respire doucement et profondément, comme pour laisser entrer le plus loin possible ce parfum, comme pour m'en nourrir et le savourer encore quelques pas.
Ce bref voyage olfactif est parfois le lieu où mon imagination quête un moyen de capter cette odeur... On peut enregistrer un son, une image... et répéter, partager l'émotion... mais un parfum ? Alors j'invente des machines de verres, alambics fantasmatiques...
 
par Fany publié dans : ellipsophile
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Lundi 3 juillet 2006

Charrier des montagnes d'émotions
Pour y trouver quelques paillettes d'or pur

 

par Fany publié dans : ellipsophile
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Dimanche 2 juillet 2006

Banquette
Accueil
Nébuleux
Quand
Une
Etourdie
Tombe
Traitreusement
Eblouie

par Fany publié dans : Acrostiche à tes branches le dimanche
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Jeudi 29 juin 2006

Moiteur des neurones en ébullition

Bouillon d’inculture assommé par un soleil voilé

Respiration alourdie par l’air brûlant

Et les bouffées de fumée bleutée

Les rares atomes d’oxygène se perdent en chemin

Et n’atteignent pas le chef

Egarés au hasard des veines

Evaporés

Atmosphère épaisse, lourde à pousser

Lever un bras, un doigt, un cheveu

Réunir toutes ses forces, rares, langoureuses

Les concentrer pour se mouvoir


Une fois n'est pas coutume, et je fulmine de ne pouvoir vous en glisser un air, je vous recommande, avec une nonchalance gourmande, de vous laisser bercer par la brise légère du dernier Nouvelle Vague...


Cet été, faisons Bande à part...

 

  

 

par Fany publié dans : volutes
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Mercredi 28 juin 2006

 L’année scolaire se termine, et une fois encore la fatigue se mêle à une certaine nostalgie.
Pour tout ce que vous m’avez appris, je vous remercie.
Pour tout ce que j’ai appris, réappris, compris ou découvert pour pouvoir en parler avec vous, pour tout ce que vous m’avez demandé, je vous remercie.

Pour m’avoir laissé vous inventer des histoires, vous raconter la vie des humains qui se cachaient derrière vos textes polycopiés, dans les pages de vos livres, vous faire sentir leurs pensées, pour avoir accepté de partager ce plaisir avec moi, je vous remercie.

Il semble que pour trouver du plaisir dans l’étude de sa propre langue, de son propre code, il faille d’abord que l’enseignant y trouve lui-même beaucoup de plaisir.

Alors, merci de m’avoir écoutée métaphoriser toutes mes explications :

- quand les verbes sont des costumes d’actions inanimées pendues aux cintres du placard dictionnaire et que les sujets des phrases les enfilent tels des costumes de super héros,

- quand votre commentaire composé est un rencard dans un bar avec un type inconnu et que 3 possibilités s’offrent à vous : ne pas lui adresser une parole parce qu’il a une tête bizarre, lui poser mécaniquement les questions du sondage sur « ce qui peut bien pousser un type à écrire d’une manière aussi particulière », ou lui accorder quelques heures de sincère curiosité et de discussion, en présupposant que toute rencontre est une aventure

- quand les compléments du nom sont les ingrédients d’une recette de potion magique, que Grenouille est complément du nom Œil, que Salsepareille est complément du nom Pincée…

Vous m’avez écoutée, avez souvent fini par glousser de mes explications à dormir debout et ces rires ont été ma récompense, car après tout, je n’ai fait que vous aider à ranger la chambre de vos connaissances. Tout était là, vous aviez surtout besoin de Marry Poppins.

J’ai chaque fois été très touchée que vous me laissiez voir vos capharnaüm grammaticaux et orthographiques, que vous me demandiez pourquoi les pots de fleur ont des trous au fond, même que vous me fassiez lever tôt.

« Madame », certains d’entre vous m’appellent Madame. Comme ça me semblait étrange, moi qui avait si longtemps refusé de traverser le miroir. Je suis devenue adulte en le lisant dans vos yeux. Merci de m’avoir permis de comprendre que ce n’est pas si grave que ça et qu’on se marre toujours autant de l’autre côté !!!

Enseigner, c’est avant tout être une lanterne, que ce soit pour vous montrer l’outil, le chemin ou ce qui est déjà en vous et que vous croyiez perdu. Vivre c’est tracer sa propre carte et puisqu’un homme très sage a dit que tout chemin commence sous le premier pas, je vous souhaite bonne route, et un très bel été

par Fany publié dans : ellipsophile
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Mardi 27 juin 2006

Je vends mes jours
Et mes nuits sont liberté.

La journée, je ne m'appartiens pas
Mais quand le soleil se couche,
Après une courte phase de deuil
De mes heures perdues,
Mon esprit s'ébroue,
Attrape une grande bouffée d'air vertigineux
Et se met en mouvement.

Laissant les chats dormir à l'abri
De leur foyer radiateur,
Je peux tout à loisir
Explorer le monde.

La grande dépression du crépuscule
Est comme une mauvaise sieste,
Un sas qui ouvre sur les délices de mes nuits solitaires.

Animal du soir.
Jour après jour,
Je mange mes mois.

 

par Fany publié dans : volutes
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Dimanche 25 juin 2006

Aliment
Sans
Pépin
Excessivement
Raide
Goulûment
Etêté

par Fany publié dans : Acrostiche à tes branches le dimanche
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