Jeudi 22 juin 2006

Valentin est un drôle d’enfant.
Il est né d’une manière étrange : sa mère un jour a dit « Avec celui-là, nous allons avoir des problèmes ».
Valentin a grandi dans un fauteuil, les pieds pris dans le sol, comme dans le ciment. Incapable de bouger.

Mais Valentin a beaucoup voyagé dans ce fauteuil, il a visité le monde, le monde entier, sur les ailes du temps. Les gens venaient à sa rencontre, touchaient sa peau et il savait. Juste ça et il savait leur histoire et celle de leurs proches, et des proches de leurs proches, comme une musique qui coulerait en lui.
Valentin est resté petit, de taille mais pas de cœur.

Et puis il y avait la peur : de la mer, des livres, des choses trop grandes et trop belles, des mirages de la mer qui se fait douce et attirante pour mieux vous avaler, des livres qui vous enjôlent de leurs mots trop bien dits de sorciers et vous emmènent dans des endroits comme des mensonges, parce qu’ils vous y abandonnent tout seul et trop nu.

Un jour, Valentin en a lu un, de livre. Il a failli l’offrir à son père, pour Noël, pour lui dire. Et puis finalement, il ne l’a pas fait. L’histoire d’un homme, un grand rêveur héroïque, qui raconte le monde, le monde entier, depuis son petit bout de terre, sans bouger.

Comme pour lui dire, à son père, que si Don Quichotte existe, lui aussi, Valentin, dans son fauteuil, les pieds pris dans le sol, lui et ses problèmes, ceux qui se créent autour de lui comme des tornades, des ouragans dont il est le centre, calme et immobile. Et bien, lui, il existe. Il a le cœur trop plein, d’histoires, de choses, de gens : si plein qu’il ne peut pas bouger, quitter cet endroit, comme une prison sans mur, une prison de peur et d’amour.

Une étrange prison que parfois il appelle « Maman ».

 

 

 

 

 

par Fany publié dans : volutes
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mercredi 21 juin 2006

Elioticia Moleskine
Prend des notes
Lit sur mon épaule
Et savoure mes émois

Les anonymes
Jamais n’appellent
Elioticia Moleskine
Est maligne
Et n’oublie pas  
Que l'on m’appelle
Witch…

La sorcière de couleur
Elioticia se meurt
D’East en Ouest
Tous ces mots empestent

Elioticia Moleskine
Et Greenwitch la coquine
Mettent les montres à l’heure
Se partagent la demeure

Elioticia Moleskine
A peur
Montre ses dents de velours
Elioticia stridule

Elioticia impose
Ne pense pas mes pensées
C’est qu’elle ignore
Que je panse les miennes

Elioticia Mon Amour
Laisse Moleskine à la ruelle
La Volubile  
Est sa maquerelle

Range cette absurde ombrelle
Qui s’agite à tous vents  
Et prend des notes
Elioticia,  
Prend des notes

   

 

 

par Fany publié dans : volutes
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Lundi 19 juin 2006

Bonne fête Dad'

par Fany publié dans : spiral2plume
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Dimanche 18 juin 2006

Eléphant
Lourd
Energumène
Pachydermique
Hissant son tarin
Aux
Nues
T
riomphalement

par Fany publié dans : Acrostiche à tes branches le dimanche
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Samedi 17 juin 2006

Voir la mer, ou la terre depuis la mer,
être une sardine et me la couler douce...

par Fany publié dans : ellipsophile
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Samedi 17 juin 2006

Par une chaleur étouffante, même à presque Minuit, je me colle une bonne vieille K7 de Jazz, comme si la trompette allait alléger l'air...

http://www.lauren.ch/?p=accueil

par Fany publié dans : ellipsophile
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Jeudi 15 juin 2006

L'été arrive...
Des cabots délaissés seront bientôt laissés aux troncs des maigres arbres des aires autoroutières.

En fin de compte, la plupart des chiens ne sortent à l'air libre qu'enlaissés à l'humain despotique qu'ils traînent derrière eux.

La laisse est un objet soumettant l'homme à ses propres peurs : d'être abandonné ou tenu pour responsable de cet étrange enfant qu'est son chien. Mais qui tiendrait un petit en laisse dans la rue serait jugé tortionnaire sur le champs.

La laisse au cou du chien marque son rang animal, même si le kador mange à table ou dort au lit !
L'homme ne sait pas que laissant ainsi son insoumi cabot, il lui rappelle aussi son rôle de chef de meute, rôle qui ne nécessite pourtant de tels artifices qu'à condition de manquer du seul qui vaille : le charisme.

Certes, charisme canin, mais le charisme n'est-il pas, au fond, moins humain qu'animal ?

 

par Fany publié dans : ellipsophile
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Jeudi 15 juin 2006

INFUNDIBULIFORME

Qui a la forme d'un entonnoir...

par Fany publié dans : les uns croyables, les autres...
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mercredi 14 juin 2006

Quand j'écris quelque chose qui me semble juste, presque infiniment juste, il y a toujours une phase, quelques jours, où les mots sont vides de sens. Comme plats ! Je ne comprends plus même ce qu'ils veulent dire.

Est-ce l'absence d'intensité émotive ? La chute brutale de l'affectivation qui les vide ainsi ?
Comment se fait-il que le sens revienne après, plus mûr, plus adulte ?

La pensée serait-elle un éblouissement ? Une impression de l'âme qui se fait dans la lumière ? Après la lumière, les ténèbres de l'éblouissement et l'adaptation à un nouvel état de conscience ?

Il y a quelque chose avec la lumière. Le feu ? La spirale de l'air ? La matière de la terre ? et la vie de l'eau ? Il y a quelque chose...

par Fany publié dans : ellipsophile
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Lundi 12 juin 2006

La BN... Cette grosse bête qui vomissait des livres. Elle les régurgitait, les abeilles afférées s'en repaissaient et les livres, pages aux petits signes noirs et amorphes, repartaient dans le grand ventre.
Une machine à sens, temple du signe, réceptacle de tous les mots écrits.
Et la petite fourmi... Les doigts dans l'engrenage de l'univers du mot. L'oreille plaquée à la bouche du monstre pour en écouter le murmure.

Souvenir d'une année de magasinage dans l'ancien temple, rue Richelieu, sous les verrières de la salle des imprimés... 1992...

par Fany publié dans : ellipsophile
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus