Mercredi 24 mai 2006

Si j'ai trouvé la lumière dans mon impasse passionnelle, c'est que j'ai compris le désir : pourquoi j'aimais et comment aimer. De passive, j'ai pu devenir active, par le raisonnement, la macération des émotions, qui a amené leur maturation.
De l'état amoureux passif, je suis passé à l'état aimant actif. Accepter cet état parce qu'il me rend plus moi, plus pleine.
L'état amoureux, passionnel, de "flottement de l'âme" adjoint au raisonnement, à la volonté active de me libérer de ma passivité m'a rendue plus grande. Plongée dans l'infini, forcée à en accepter l'absence de limites, j'ai touché à l'absolu. L'immense est devenu mon territoire et telle Robinson, je ne suis plus prisonnière de mon île. Elle s'est mutée en Univers. Dans la solitude.
Quelle métamorphose !

par Fany publié dans : sous leurs plumes
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mardi 23 mai 2006

 Jamais tout à fait éveillée
Jamais tout à fait endormie
Les quelques heures de sommeil
Grappillées comme des siestes
Suffisent à me tenir debout

Longues journées de vingt douze heures
Rester éveillée
Et dormir en pensant
L’esprit toujours ouvert
Pompant partout la vie
Soleil brûlant de mon imagination
Emotions

Toute une météorologie
Qui m’emmène
De tourbillons en bourrasques
Pour m’abandonner pantelante
Sur de douces plages

Cent quatre vingt minutes de repos
Après vingt heures de veille
Et le corps en coquille
Protégeant les bouffées

L’émoi
Transe hypnotique, libératrice
Campée sur le dos  
Du centaure au galop
  
  

 

 

 

par Fany publié dans : volutes
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Lundi 22 mai 2006

Pertinent des Choses est amoureux. Pas amoureux de quelqu’un, mais amoureux de l’amour.

  
Quand Pertinent des Choses commence à aimer, son amour ressemble à une grande plaine où se concentrerait le calme avant la tempête. De l’électricité dans l’air, un vent nerveux qui glisse à la surface de l’herbe et la transforme en une mer ondulante.

Alors il y a la passion, la passion de l’amour. La passion, c’est comme de jeter un oiseau dans la mer. Ce n’est pas la place de l’oiseau, l’oiseau est fait pour voler, voler au-dessus de la mer qui lui donne des poissons pour son déjeuner. Mais plonger un oiseau dans la mer est une chose possible. Cela arrive parfois, comme un accident.

Après la plongée, une pause, une absence de sens, comme si le temps avait arrêté de filer sa bobine. Un état de suspension.

Sur le sable calme du fond de la mer, Pertinent et l’oiseau se promènent, saluant les poulpes et autres anémones, leur parlant du beau temps qu’il ferait dans leurs rêves, des tempêtes qui éclatent parfois et échouent les navires, de la musique qui parle au cœur… Assis sur un banc de coraux, ils imaginent qu’à un certain moment le temps aura changé, ouvrant une éclaircie entre les nuages, que le ciel aura fini de tonner au-dessus des têtes, qu’il y aura d’autres îles et d’autres pirates.

Dans ce naufrage en mer, parfois l’oiseau se noie, la plupart du temps il remonte à la surface, s’ébroue, sèche ses ailes et s’envole à nouveau.

Pertinent a compris que la plongée dans l’océan est une étape, que la passion dépassée, sublimée mène à l’amour-fusion, comme on touche une île. Plus de pulsions, mais une énergie rayonnante qui émane, entoure, douce, chaude, veloutée, caressante.

Pertinent des Choses appelle cela l’Equilibre, les bonnes sœurs l’Extase divine, d’autres la Paix.

Alors, Pertinent est heureux. Il sait qu’il touche à la plus pure partie de l’amour. Le chemin de l’amour l’a emmené au centre de lui-même, au centre de l’autre, au centre de Tout. Ce qui étonne toujours Pertinent c’est la Lumière. Elle est si vive qu’elle devrait brûler, piquer, aveugler les yeux mais ce n’est pas le cas. Ici, il n’y a pas de douleur, juste la plénitude du Tout-Rien.

Pertinent des Choses se demande alors pourquoi il a fallu faire naufrage, se noyer, vaincre, dompter, apprivoiser les démons de la passion pour venir ici. Passer sous la surface des choses est parfois difficile, il faut se plier, se restreindre, étouffer, pour qu’éclose la beauté du papillon.

Quand Pertinent est au centre de l’amour, il pense à ceux qu’il aime, que son âme aime, et alors il sent… il a l’impression que son âme est connectée à l’âme à laquelle il pense et qu’une sorte d’échange se fait par de douces caresses. Pertinent ne fait pas l’amour comme disent les corps, mais il ressent l’amour comme ces vagues de langueur qui envahissent quand on fait vraiment l’amour.

Vient toujours un moment, où l’équilibre se transforme en torpeur, comme les nuages de rêves qui s’étirent au seuil du réveil. Pertinent comprend qu’il a aussi besoin d’échanger de l’amour pour mieux comprendre l’amour, qu’on s’enrichit en enrichissant l’autre, qu’il a besoin de ça. L’amour est la vie.

Et Pertinent des Choses revient à la vie, reconnecte son âme à son corps d’oiseau, juste pour donner cet amour, par le biais le plus simple, le plus abandonné…dans la peau de l’autre. Alors Pertinent est libre, ouvert à l’amour.

 On est toujours amoureux de l’amour, et s’il a mille visages, c’est parce qu’il rentre dans les gens et les choses et les transforme en phares, en veilleuses, en lanternes, en diamants, pour que jamais ils ne se perdent en chemin.

par Fany publié dans : volutes
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 18 mai 2006

Les bistrots  du coin,

Les cafés de la gare, de la place, des sportifs.

Il règne dans ces endroits

l’atmosphère linoléumeuse dans laquelle

mon esprit s’éveille le mieux.

L’éponge toujours humide qui frotte les tables

à peine esseulées.

Le moulin à café électrique, si bruyant,

plus efficace qu’un réveil-matin.

Le tap-tap sourd du perco,

annonce le marc qui tombe

et le café mousseux posé sur le comptoir.

Oasis des somnolents, des rendez-vous manqués,

des lecteurs de nouvelles fraîches.

Petit café du matin, odeurs des premières bières

et des petits blancs secs.

Le marché s’installe ou le train arrive

et vide le comptoir.

Ode aux bistrots du coin, aux cafés de la gare,

de la place, des sportifs.

De ces endroits où mon esprit s’éveille

et s’émerveille

des douceurs du matin.

http://www.lapanse.com/pages/graffitis/menu_graffitis_pochoirs.html

 

 

par Fany publié dans : volutes
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 9 mai 2006

Si le temps est fractal, alors, on peut le replier.

 

 

par Fany publié dans : ellipsophile
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Lundi 8 mai 2006

Une fois tous les six mois, je jette une ligne dans le grand flot. Cimetière des éléphants, des lettres mortes, en consigne dans cette gigantesque gare fantomatique.
  
  "Je ne sais quel souvenir j'ai laissé dans ta vie, mais je ne me résouds pas à cette poète nian-nian frappée de mélancolie compulsive. Nan M'sieur, je suis cette jeune prof qui tente de donner aux momes ce qu'ils cherchent. Parce qu'un jour tu m'as dis que je savais mettre les gens en valeur, et que tu es celui qui m'a fait découvrir l'amour qui t'emporte l'âme comme une vague et te montre le chemin du monde, j'ai suivi ce chemin et je me suis trouvée. Merci à toi.
  
  Si tu crois que tu n'es bon qu'à ruiner ce que tu approches, tu fais fausse route. Les amis sont des boussoles. Quand tu refuses ma main, lève les yeux et regarde la direction qu'elle montre. Quand ton reflet dans le miroir est flou, c'est le sable de ces ruines qui t'aveugle. Si tu ne te détournais si vite, tu verrais l'édifice qui se construit sur ces fondations et serais fier de toi. Tes palais de mémoire te sont clos ? Ecoute les scribes."

 

 

par Fany publié dans : ellipsophile
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 6 mars 2006

J’ai rêvé…

Un de ces rêves qui vous laisse troublé

Au réveil, on espère que le rêve soit vrai

Que le présent soit un songe

On tente de se rendormir, encore et encore

Le rêve revient par bouffées

Pourtant on a laissé une part de soi, dans le rêve, une part qui refuse de s’éveiller

Qui s’accroche de tous ses bras de souvenir

Qui ne veut pas oublier

 

 

 

 

 

 

par Fany publié dans : ellipsophile
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 20 février 2006

Je suis une machine à imploser. J'implose et les sortes de trous noirs qui se forment sont les origines de mes nouvelles vies. Dynamique des flux d'énergie de l'être.

Les questions : des milliers de questions qui s'amoncellent, s'agglomèrent, se mangent les unes les autres, se concentrent et implosent.

Impression aussi parfois, que les idées sont comme des fusées de feu d'artifice. Sensation spécifique, presque douloureuse du décollage en flèche. La tension qui s'installe, presque comme une attente attentive... et l'explosion, dans une forme toujours merveilleuse, parfaite, effrayante.

Je m'interroge toujours sur le fait d'avoir des sensations mentales.

par Fany publié dans : ellipsophile
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 17 février 2006

Ecrire, c'est une chose. Mais qu'est ce que Lire ?

En général, on lit par hasard, par désir de se donner en pâture aux mots d'un autre, par plaisir de se laisser emmener. Il y a dans la lecture quelque chose de très sensuel, en terme de relation dialectique, mais... Je me pose la question suivante : écrire et lire ne sont-les pas les deux moments d'une même discussion ? Discussion de timides.

Pourtant, seul le lecteur découvre son interlocuteur. Jusqu'où le découvre-t-il ? L'auteur s'observe dans le miroir et laisse le lecteur regarder par-dessus son épaule. Etre ensemble n'a pas d'importance. Quelles sont les conséquences de tout ceci ?

Lire, comme écouter, entendre, c'est accepter avec confiance de laisser les mots entrer en soi, y faire un nid, y vivre une vie autonome.

Dans l'espace-temps du dialogue oral, les mots n'ont pas d'ancrage, ils volent, tourbillonnent, se frôlent, parfois se frappent ou se caressent, mais ils s'oublient aussi. Il reste l'impression, l'odeur de la voix, ses nuances, sa musique et ce qu'elle dit au-delà des mots.

Les livres que nous avons lus nous appartiennent autant qu'à leur auteur, plus peut-être.

 

par Fany publié dans : ellipsophile
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 14 février 2006

Saint Valenstroumph

 La journée des cœurs rouges

 

Malgré le mépris des sacro-saints clichés

Malgré l’orgueil d’être au dessus de ça

Impossible d’échapper à la panique de la Saint-Machin

Le rêve d’un signe sûr

L’ivresse d’un secret glissé au fond du cœur

Par une date calendaire

Une manifestation tangible de la pensée de l’autre,

Inconnue

Mais qui est donc cet inconnu

A qui je permets de penser à moi ?

L’absence de signe plonge l’imbécile

Au fond d’un gouffre

De dépit mélancolique

Secret de Polichinelle et boniments

 

C’est la journée syndicale

De révolte de la Midinette,

Ralliant pour l’occasion

Toutes ses copines opprimées de l’amour

 

Les mièvres a qui l’on a fait croire enfant

Que l’amour est un idéal

Les repoussées par les hommes,

Celles qui ont entendu au réveil,

Les bras encore chauds autour du buste

« ne t’attache pas trop à moi, s’il te plait »,

Les trahies portant leur cœur en étendard

 

Le matin de la Saint-Machin,

Mieux vaudrait ne pas se lever.


par Fany publié dans : volutes
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus