Lundi 23 janvier 2006

Des phrases qui réveillent au milieu de la nuit, boucles tournant jusqu'à l'éclosion sur le papier. Un univers sous chaque mot et l'étrange syntaxe onirique. Fragments d'infini...

 

Tout ce que je cherche d'un autre voyage, c'est ce qu'il n'a pas écrit.

Je suis dépassée par mon propre piège à me résoudre à mes questions.

Les émotions répètées sont les fractales qui nous permettent de comprendre et d'entendre la musique de ce monde.

 

par Fany publié dans : ellipsophile
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Dimanche 22 janvier 2006

Suis-je ce cerveau pensant, arraché à ses pensées par les cloches du village qui sonnent 3 heures du matin ?

Suis-je cette fille solitaire, luxuriante minimaliste, qui vient de tricoter des heures durant, sur un canapé cosi, face à une télé stupide ?

Suis-je cet être en perpétuel questionnement, qui ne sait rien faire d'autre qu'inventer de nouvelles questions aux réponses qu'il trouve parfois ?

 

par Fany publié dans : ellipsophile
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Vendredi 16 décembre 2005

Il a fallu qu'il me fende l'âme d'une profonde entaille pour que la lumière coule à jamais. La douleur est là, perpétuellement apaisée par le flux carressant. Il fallait que cela soit ainsi. Merci de cet amour.

L'amour de Judas pour Christ, c'est de l'avoir offert au monde. Christ le savait et l'aimait.

 

par Fany publié dans : ellipsophile
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Lundi 12 décembre 2005

Manger pour se sentir plein, compenser un vide. L’appétit est un manque. La faim : un appel du ventre ; demande infantile du nourrisson pour la tétée, qui nourrit certes, mais rassure aussi. Contact retrouvé du sein maternel !

 

 

Alors, manger pour se sentir bien. L’estomac chaud et rond est un délice, un état si rassurant que dans l’excès de peur, de manque, on ne supporte pas de voir finir. Lutte contre la vie qui avance, qui digère, qui force à chercher à nouveau la plénitude (pleine-attitude). Colère contre ce vide, cette fuite de vie.

 

 

Et puis le corps grossit, comme pour mieux protéger la souffrance ; l’enfouir aussi. Il se capitonne une couette de chair. Honte de grossir, mais à être plus maigre, on a peur de ne pouvoir survivre, s’affronter.

Tout cela est pervers et la marque d’une intense fébrilité de l’être. Boulimie et anorexie sont les deux faces de la même maladie. L’anorexique refuse de laisser entrer en elle quoi que ce soit d’extérieur. Les deux bouts d’une lorgnette sur l’âme affectée.

Surcharge baroque ou minimalisme ?

 

 

Quoi qu’il en soit : un excès !

par Fany publié dans : ellipsophile
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Mercredi 7 décembre 2005

 

 

   

  

Apparition

Un soir, debout face à face sur un trottoir, lecture d’un plan de métro, à propos de deux lignes :

- « Ils ne se touchent jamais ? »

Double lecture instantanée de l’univers sémantique, pensées réfractées sur les miroirs de nos âmes.

-   « Non, ils ne se touchent jamais. »


Les sens parallèles, les tracés sur la carte, le désespoir, la  fatalité contenus, le constat, le fait, font apparaître une ébauche de concept, une bribe de définition, un fil dans la grande pelote.


Deux vies sont dites parallèles quand la distance qui les sépare, aussi infime soit-elle, ne peut être réduite à néant, en quelque point du temps que l’on puisse imaginer.

 

Précisions


Qu’en est-il de l’équilibre à deux et de la croisée des chemins ?

Si un équilibre à deux est possible, c’est que tout se passe dans l’espace laissé vacant et régulier, homogène, entre les vies. L’absence d’interférences favorise la fluidité des rapports. Il semble exister une tension d’équilibre entre les processus d’attraction, répulsion ; et de cette tension naît la vie, l’amour, l’être.


Cet espace dessine une carte, un itinéraire. Parfois cependant, on arrive à la croisée des chemins, les chemins se séparent. Pour cela, il faut absolument qu’il y ai eu, à un moment donné, un chemin commun.

 

Rencontres, amis et redéfinition


La vie nous amène parfois à rencontrer des êtres parallèles. Pour qu’ils deviennent nos amis, pour qu’ils soient amis entre eux (existerait-il des faisceaux d’amis ?), il faut que la durée vienne confirmer le parallélisme. Car, comment constater un parallélisme sinon dans la vérification toujours renouvelée de sa définition ?


L’espace non commun est une zone neutre, une terre de liberté, où peut se jouer la pièce de l’expérience partagée, mais chacun rentre le soir dans sa durée linéaire, personnelle et autonome. Eternelle reconquête et réaffirmation de son autonomie. Un complexe d’anti-sevrage mis en commun dans une parodie de consensus libertaire.


L’Interdiction de contact entre amis est en fait un Impossible labellisé par la loi géométrique de l’ordre des choses.

En couchant avec mes amis, je crée donc des paradoxes géométriques.

 

L’amour ?

 

La passion, ou le mal sain

Elle est l’amplification de l’attraction-répulsion, dans une alternance de phases. Processus guerrier où chacun se refuse à modifier la figure native, tout en tentant d’amalgamer l’autre. Désir irraisonné de fusion, l’amour est la fascinante illusion de réduction à néant de l’altérité. Je est un autre. Le paradis perdu de la matrice maternelle. Redécouverte d’impressions de la naissance, prospection morbide vers un futur mortel et immobilisme absolutiste.

 
J’ai rencontré mon autre. Ça n’est pas donné à tout le monde.

L’illusion s’est brisée en milliers de fragments réfractant mon unique image. Imposition de l’être sur l’être, vers un nouvel équilibre.

 

Le couple ou le sein des saints

L’amour du couple marche sur le même chemin. Ce qui diffère de l’amitié n’est pas le lieu parcouru mais l’acte lui-même : la marche.

Tout pas doit être précédé d’une intension de pas. Plus ou moins consciente, toute intension est une projection dans le temps. Etre un couple, c’est projeter ensemble le prochain pas : marcher du même pas.

 

 Mes amours paradoxales

En amitié, pas de projection temporelle. L’amitié est un système métastable.

Je ne crois pas à la stabilité. J’en explore les couches inférieures, à la recherche des indices des futurs remous, qui germent dans le terreau du présent passéïfié.

 
La vie est un phénomène dynamique, un paradoxe dont jaillit l’Etre porté par le temps. Le parallélisme est une théorie, une loi, et toute loi est conçue pour être intelligible. Image morte de la vie, elle est un renversement ontologique du paradoxe vital. Se pourrait-il que la mort soit aussi ce temps d’intelligibilité de la vie, ce temps où le temps n’existe plus ?

 
Je débusque les tendances secrètes des parallélismes à se déstabiliser.

En quête des micro aspérités, j’explore les sous-systèmes du réseau à la recherche d’embryons d’attracteurs, fouillant l’espace-temps pour y découvrir les possibles d’attracteurs non encore réifiés. La métonymie de l’être est un échantillon fractal qui ne produit pas d’énergie. Seule la valence des rencontres concentre et émet sa lumière pour éclairer le monde.

J’explore le parallélisme des univers, au service de la lumière.


La lumière est amour.

 

 

par Fany publié dans : volutes
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Mercredi 7 décembre 2005

- Maman, pourquoi la nuit n'a-t-elle qu'un oeil ?

- Que veux-tu dire ?

- Tous les matins, je t'entends dire à Papa : C'est malheureux, je n'ai encore pas pu fermer l'oeil de la nuit !

par Fany publié dans : ellipsophile
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Lundi 5 décembre 2005

Je pensais que mon père était Dieu
Témoignages reccueillis par Paul Auster

C'est un des livres les plus beaux que j'ai lu. Parce que ce n'est pas vraiment un livre, mais plutôt des morceaux de vie, des bouts de gens, des bribes de ce qu'il y a de plus beau dans la solitude... le moment où elle laisse le coeur parler.

Tout le monde a de ces moments. Et là, Monsieur Auster a, je ne sais comment, réussi une incroyable magie : les gens lui ont envoyé, à lui, ces petits et merveilleux secrets de leur coeur, pour qu'il les offre autour de lui, aux autres.

Paul Auster est le Père Noël

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par Fany publié dans : sous leurs plumes
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