Lundi 17 juillet 2006

Avec les mails, plus besoin de signer, comme dans les lettres "à l'ancienne". L'expéditeur saute aux yeux. Processus épistolaire inversé.

Avant, on dépliait la lettre, on tournait les pages... On y cherchait la signature et de ce fait, on parcourrait des yeux la lettre, y découvrant les petits signes de l'autre, comme un cadeau que l'on tripote avant de l'ouvrir.

Les choses changent.

 

par Fany publié dans : ellipsophile
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Samedi 15 juillet 2006

…comme le matin du lendemain de Noël quand j’étais petite. J’adorais cette sensation : groguie de fatigue (couchée trop tard), groguie d’émotions (les cadeaux reçus, donnés, la joie partagée…), un peu sous le choc aussi, avec rien d’autre à faire qu’à profiter du moment. C’est une sensation agréable, d’autant plus qu’on la sait éphémère. Toute exaltation redescend, comme la crue du Nil, elle laisse en se retirant un limon fertile et essentiel.

par Fany publié dans : ellipsophile
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Mercredi 12 juillet 2006

La puissance d’un NON à fendre l’âme, comme un brise glace. Le NON exige le OUI. Chaque NON le renforce, comme une eau sur la graine d’une idée. La graine pousse et devient arbre. Arbre de lumière. Et le OUI de bois dur éclate en fragiles feuilles, bouches de vie.
Le NON est la bêche du jardinier crevant la croûte de l’âme.

 

par Fany publié dans : ellipsophile
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Mardi 11 juillet 2006

Nos grandes exigences nous mènent parfois à accepter plus médiocre que ce que nous avons cherché à fuir.

Les modèles que nous offre ce monde n’ont pas grand chose de désirable, quand on a un peu de sensibilité (intelligence est par trop galvaudé), alors il nous reste les marges. Mais quand on quitte le terrain balisé, le territoire s’agrandit de façon exponentielle, il confère à l’infini.

Il ne peut exister de marges que tant que l’on ne s’éloigne pas trop de ce qui est convenu. En dehors de ces frontières, on part à la conquête d’un terrain vierge où l’on rencontre parfois quelque âme errante, en souffrance, miroir de sa propre perte. Je n’ai trouvé qu’une méthode pour trouver/garder l’équilibre : freiner.

Tout nous pousse à courir, à vivre, à penser vite, à aimer vite – toutes ces histoires de consommations ne sont que gain de vitesse – et au bout du compte nous n’avons même plus le temps de regarder pousser les fleurs. C’est important les fleurs ! Ca ne se préoccupe pas de savoir pourquoi elles sont là, ni de satisfaire les gens qui les aiment… Les fleurs sont de bons maîtres à penser.

J’ai quelques autres amis, comme celles-là : le bouchon de liège qui jamais ne coule, en se laissant ballotter à la crête et au creux des vagues, est un modèle de sagesse et d’équilibre.

Bien sûr, il y a la loi physique de la matière qui rend le bouchon de liège, plein d’air, plus léger que l’eau, mais le bouchon ne lutte pas, ne panique pas. S’il coule quelques instants, il sait qu’il remontera à la surface, quoi qu’il arrive. Il se laisse porter et les forces naturelles de la mer, de la vie, l’emmènent en voyage. A certains moments, il stagne de longs mois dans une crique, mais au hasard du vent, d’une tempête ou d’un gros grain, il est poussé vers d’autres horizons.
Décidément, la vie du bouchon sur la mer est un idéal.

par Fany publié dans : ellipsophile
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Lundi 10 juillet 2006

La jalousie, douleur de l’absence de l’autre qu’on imagine présence pour un autre. D’où la jalousie d’un regard, d’une pensée. Besoin vorace et panique du manque.

Etre jaloux, c’est vouloir manger l’autre. L’autre comme reflet de soi même. Autophagie de la jalousie, comme une impossibilité à s’assumer. A être.

La jalousie est la négation de soi même par le truchement du regard de l’autre, ou de l’absence de regard. Effet d’optique et négation de la négation. Voilà pourquoi elle s’exprime comme une affirmation.

Mais c’est un sentiment menteur, dupeur… de peur.


Alors la dialectique de la liberté. Nous faisons partie d’un même tout où nos unicités peuvent se voir et se toucher. Exister, c’est être dans les pensées de quelqu’un et c’est ça aussi : liberté !
Nous sommes libres chaque fois que quelqu’un pense à nous, car nous sommes Autre.

Penser à quelqu’un, c’est lui offrir sa liberté.

par Fany publié dans : ellipsophile
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Lundi 10 juillet 2006

Faites une
Ovation
Ou
Tout
Bonnement
Allez
Les bleus !!!
L
a balle est à vos pieds...

NE JAMAIS, JAMAIS, VENDRE LA PEAU DE L'OURS

par Fany publié dans : Acrostiche à tes branches le dimanche
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Samedi 8 juillet 2006

Un jour, le cheval entama la discussion pour intéresser le rat et sitôt se mit à courir.

Technique de colporteur !

Le rat, surpris, tendit la patte pour attraper la queue du cheval qui partait au galop, s’étant dressé sur sa chaise et hurlant : « qui m’aime me suive !!! »

A l’instant où le rat allait saisir les derniers crins de la queue de l’équidé, son bras s’amollit et retomba.

Pourquoi me direz-vous, son intérêt curieux pour l’histoire du cheval, ne l’entraîna-t-il pas dans sa course folle ?

Et bien, je vous dirais le rat très sélectif. Minutieux devrais-je même préciser, car c’est avec parcimonie que ce sage animal trie ses amis et tout ce qui s’en suit.

Voici le raisonnement du rat : quand le cheval s’est enfui, sans même finir sa phrase, il ne s’est pas senti partagé entre le regret de quitter la vive conversation du rat et l’envie de se dégourdir un peu les membres. Il s’est levé et est parti, lancé dans la fiévreuse agitation de son énergie et le bouillonnement de ses émotions.

Le rat surpris, se dit : « Mais dis donc, mon gaillard, il n’est pas très poli d’abandonner ainsi ses amis, au beau milieu d’une conversation. Je n’aime pas être traité avec un tel dédain. Je suis très susceptible et je n’aime pas courir, sauf dans l’urgence, où je suis convaincu de courir plus vite que toi. 

Alors, mon bel ami, viendra bien un moment où ta course cessera et tu te rendras alors compte que je ne suis pas là. Il te faudra bien choisir entre te dire « tiens, ce drôle de personnage, sympathique et nerveux, a du s’arrêter en route. Peu m’importe, je suis ce chemin, il promet d’autres rencontres » ou bien tourner tes pensées vers moi, revenir poliment mettre une fin agréable à cette conversation. »

Bien sûr, le rat pourra avoir changé d’humeur, mais ce sera dans les règles de la bienséance.

C’est très important pour le rat : l’ordre.

Sinon, on ne retrouve plus rien !


Quand le cheval aura choisi de revenir ou pas, le rat saura si le cheval est son ami. Cela peut être long mais le rat est patient.

   

par Fany publié dans : volutes
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Vendredi 7 juillet 2006

Ayant longtemps observé le signes ténus de l’existence des absents, tentant d’en percer les mystères pour nos yeux aveugles, les étoiles ne peuvent aujourd’hui que m’attirer. Elles parlent des êtres.
En elles, j’apprends à lire les micro aspérités des caractères. Gens que j’aime, que je découvre, tout en m’imposant de respecter leurs ambivalences, leurs façon de voir la vie, leur propre auto initiation. Intellectualisant pour laisser vibrer un cœur aux instincts si vifs qu’épuisants, cela m’apporte une plus grande aisance de rapports humains et me permet de m’assumer sans carapace, d'essayer pour le moins.
L’archéologie m’a apporté une méthode. Celle du respect de mes incompétences, m’apprenant à accepter mes incompréhensions. Huit ans d’autisme et d’apprentissage pour oser enfin me frotter aux autres.  
Leurs différences m’apportent tant. Elles m’individualisent, me permettant de me définir. Les points communs tissant des liens dans les rencontres. L’astrologie métaphorise le monde, l’encode et le raconte.
S’envoler.

par Fany publié dans : ellipsophile
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Jeudi 6 juillet 2006

La ville est dans l'homme comme l'arbre vole dans l'oiseau qui le quitte

Hiroshima mon amour. "L'érotisme est tenu en échec par l'amour".
Quelque chose résonne, sonne juste, pourrait expliquer.... Cela pourrait-il expliquer ?

Le goût d'un amour impossible... Vois comme je t'oublie.
Alors il y a ça aussi : cette subtile importance du toujours ? Cette infinité à nuancer... Ce don jamais pris, toujours en suspens. Cette sentence : "un jour tu me detesteras" ... "toujours je t'aimerai"
Toujours, oui, mais pas toujours, pas toi seul. Tu me tues, tu me fais du bien. Mourir d'amour ou d'oubli. D'ailleurs on meurt pour oublier...Ne pas faire souffrir le présent en tirant sur la chaîne du passé !

Une eau nait dans une source, il lui faut chosir de s'installer dans ce bassin et d'y former un lac ou de suivre la dénivellation, le courant. Espace et temps du courant. Chaotique des fluides. Deux rivières de même source se rencontrent et s'alimentent en un même fleuve plus large, plus lourd, plus épanoui.

Préparer le filtre de la beauté, choisir les effluves, les gouttes de vérité, pour nuancer la couleur, lui donner plus d'ampleur. Créer du possible. Se rejoindre du même côté du miroir ? Est-ce possible ? Allons voir... Folie et absolu ont la même essence... animalité de la raison.

Douceur tropicale du Luxembourg en fin d'été.
Que j'aime cet endroit ! Vais aller saluer mes statues amies. Faites qu'elles soient encore belles...

Reste ici des effluves de vacances, de ces moments si doux de plaisir nonchalant. Il y a vraiment fort longtemps que je n'ai pas éprouvé cette langueur à paris. Quelque chose de sirupeux. Pas d'agressions indisciplinées des souvenirs. Une étrangeté des lieux familiers que je retrouve avec des yeux, une âme nouvelle. Pas de mélancolie.

Il y a des années, j'ai dit au revoir, demandé pardon à la ville, me suis demandé pardon de lui laisser les rêves que mon passé avait forgés et dont je m'étais détournée. Constater que ce deuil est fini est un grand soulagement.

Nouvelle expérimentation communicante : le sms.
Apparement, c'est un médium local, je m'adapte à cette abhération. Un truc de fainéant. Mais bon, voilà, aujourd'hui, je veux bien en jouer, pour voir, pour tenter l'expérience. Les gens sont incroyables ici, j'avais oublié !
...tranquile solitude dans la foule...


Le ravissement de Lol V Stein.
Cette femme sait raconter les histoire, sait raconter le présent de l'état de choc, sait dire ce que je n'ai pas éprouvé et auquel pourtant j'assistais de l'intérieur. Ce ralentissement de la vie qui semble en enregistrer toute l'horreur.

La ville et moi passons par l'excès. Excès de tensions. Cramponnée aux mots comme s'ils étaient la preuve de ma cohérence. Le vent qui pousse les nuages me lave la tête.
Mes yeux ne se posent que sur les vides entre les choses.
C'est un peu de la folie de vivre ici, la mienne est de n'en être plus capable.

10 septembre 2005, sortie et lecture de Brooklin Follies
 au jardin du Luxembourg

par Fany publié dans : volutes
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Mardi 4 juillet 2006
Il y a des platanes sur la place du marché de mon village, comme sur des centaines de places, j'imagine.
Chaque soir, c'est la dernière odeur que je ramène de la promenade du Dog. Elle est incroyable cette odeur : capiteuse et ennivrante. Une odeur de miel, presque une odeur de désir, de plaisir. Je ne crois pas que les abeilles fassent du miel de platanes, ça se saurait ! Elle s'approche un peu du tilleul, en moins fleurie ; un peu du colza aussi, dans la si brève période où il sent bon. Mais le platane, lui, sent bon pendant longtemps... et je l'en remercie !
Qu'est-ce qui peut bien sentir si bon dans le platane ? Son écorce est déjà bien jolie de dessiner d'hypothétiques cartes. La géographie des platanes. Sont-ce les boules-fruits, qui se décrochent parfois et tombent en faisant un ploc sourd ? Les grandes feuilles à dents, immenses mains du géant calme ? Quel est ce mystère ? 
Chaque soir donc, je traverse cette place, et presque sans le vouloir, je ralentis mon pas. Profiter plus longtemps... Je respire doucement et profondément, comme pour laisser entrer le plus loin possible ce parfum, comme pour m'en nourrir et le savourer encore quelques pas.
Ce bref voyage olfactif est parfois le lieu où mon imagination quête un moyen de capter cette odeur... On peut enregistrer un son, une image... et répéter, partager l'émotion... mais un parfum ? Alors j'invente des machines de verres, alambics fantasmatiques...
 
par Fany publié dans : ellipsophile
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