La patience. Mais qu’est-ce donc sinon un état de latence, serein, où l’on doit trouver un maximum de liberté, de plénitude, entre les deux mâchoires du temps ? Un apprentissage par le vide, un emplissage des plus menus espaces de temps, un truc fractal, partager les unités de temps, et repartager, repartager. Et sinon repartager, du moins sentir chacune des micro mini miettes de temps qui passe et qui tout en passant nous tient éloigné de l’objet de cette attente.
La patience est quelque chose qui s’impose à nous, que l’on ne choisit pas. Je voudrais parvenir à définir ceci car,comme la jalousie en son temps, je souhaiterais en percer les secrets, y trouver le positif, extraire, ou du moins connaître, à défaut même de maîtriser, la part de douleur qui y est mêlée.
Patience et passion sont proches de son et de vécu. Quelque chose de dur à maîtriser et surtout quelque chose de passif !!! La passivité prive de liberté.
Mes pensées buttent sans cesse dans « le vide des absences ». Impression que l’absence perd son sens, la distance aussi, et qu’au fur et à mesure que ces deux-là se vident de sens, elles se remplissent de demi-illusions et de vitesse.
J’ai expérimenté l’absence et la solitude sous des formes très diverses, en découvrant les étonnants trésors et les travers qui ne manquent pas de les accompagner, et je ne parviens pas à trouver la « voie du milieu » ! Tout me mène aux excès ! Tantôt je me complais à développer, entretenir, des relations à distance, en ressentant comme une expérience enrichissante, cette quête de vérité dans un manque de tangible, tantôt je m’isole telle Thoreau dans une cabane moderne. J’oscille ! Je ne cherche pas à choisir mais à comprendre pourquoi je suis gênée aux entournures.
Peut-être parce que je suis bien forcée de constater que ces questionnements sont liés à une expérimentation solitaire. La plupart des gens ayant vie de famille concentrent leur attention sur d’autres aspects de leur quotidien.
La solitude est cet effort constant d’être un autre à soi-même. Moi sonne creux s’il n’a pas l’écho qui le transforme en Soi.
La subtilité, c’est la présence de l’absence qui la fait absence justement. Il ne peut y avoir d’absence que si elle est perçue. L’absence est donc une présence, une place vacante, un espace réservé, comme sur les pages d’aquarelle : un petit morceau de la page blanche qui sans exister tout à fait participe au motif.
L’absence est le cube de Mandelbrot.
L’absence est le vide entre nos particules, qui les force à se grouper.
L’absence est une tension.
Vos boucles