Jeudi 8 février 2007

Essayer de travailler quand le cerveau cherche à s'enfuir.
Impression d'être mon propre élève, de passer mon temps à me "re" mobiliser et à glisser dans les interstices de concentration quelque info que je me tatoue dans le crâne.
Une sorte d'enfer ! Etre mon propre enseignant, forcée à repasser sur une logique depuis longtemps esquivée. Des embryons de connaissances, panique primale de l'élève que j'étais... Arg ! c'est très fatigant !
Consciente d'être adulte, je tente de ne pas m'affoler et cette énergie fébrile devient créative...sans cesse inventer des trucs, voir des vêtements, avoir envie de bricoler, de faire des collages, de peindre, même mal ! de rêver surement ! de fabriquer du plaisir en somme.
Pour pouvoir se concentrer, il faut être dégagé de l'enjeu stressant de l'évaluation. L'absurde  crainte de rester hermétique, de "mal" apprendre, de "ne pas assez " apprendre-comprendre, menace la sécurité future en épuisant le présent.
Il ne m'a pourtant pas été difficile d'apprendre pour pouvoir enseigner quelques jours plus tard... je faisais mon travail d'abeille... butinant le pollen, le digérant et offrant son miel quitte à m'y épuiser, mais j'en mangeais ma part !
Ici l'urgence fatigue le plaisir.
Tenir deux positions à la fois est probablement ce qui est difficile dans l'apprentissage autonome. Quoi qu'il en soit, c'est tout à fait interressant d'explorer, de sentir et de comprendre de quoi tout ceci est composé. Repasser sur mes pas, éprouver l'élève qui est en moi, savoir ce qu'il ressent, quel combat il livre, quelles victoires il remporte aussi... et voir le héros grec qui se cache sous le cancre-minot.
Il faut que trouve une position de concentration efficace, pour ne pas avoir à me ramener au sol perpétuellement.

par Fany publié dans : ellipsophile
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